Le Journal des objets connectés

Tensiomètres connectés : un marché qui se développe

Tensiomètres connectés : un marché qui se développe
décembre 02
18:51 2016

tetiere sante

Tensiomètres :
un marché encore sous-tendu
mais à suivre

TensioSmart Teraillon

Les tensiomètres dotés de grands écrans présentent l’avantage d’offrir une information lisible immédiatement sans avoir à recourir au smartphone

HYPERTENSION

15 à 16 millions
d’hypertendus
en France,
1 à 1,5 milliard
dans le monde…

Le nombre d’hypertendus a presque doublé en France au cours des 12 dernières années selon les enquêtes FLAHS (French League Anti Hypertension Survey) réalisées tous les deux ans par le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA) pour atteindre 15 à 16 millions d’hypertendus. 70% sont âgés de plus de 60 ans. 30% de la population des plus de 35 ans est traitée par un médicament hypotenseur. La moitié seulement des hypertendus sont bien contrôlés et d’une façon générale, le contrôle de la tension reste insuffisant soulignent toutes les campagnes de prévention contre l’HTA qui se sont fixées 70% de contrôle.

Tous
les tensiomètres,
connectés
ou non,
sont
des dispositifs
médicaux
de classe II A
et font l’objet
d’un marquage
CE.

Les tensiomètres sont des dispositifs d’automesure tensionnelle encouragée par les sociétés savantes face au fléau croissant de l’hypertension. Les gammes connectées couvrent aujourd’hui tous les besoins avec une bonne fiabilité médicale.

L’automesure tensionnelle rendue possible à partir des années 80 par l’arrivée des tensiomètres électroniques, est scientifiquement recommandée depuis les années 2000 sous réserve du respect du protocole de mesure. Elle se révèle plus précise que la prise de tension au cabinet et est donc indiquée dans le dépistage et le suivi de l’hypertension artérielle (HTA) qui concerne 15 à 16 millions de Français (voir encadré).
Les tensiomètres connectés trouvent donc toute leur place dans ce cadre. « Ils sont aujourd’hui tous validés ou à peu près », estime le Dr Nicolas Postel-Vinay, cardiologue à l’Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP) et promoteur de l’auto-mesure depuis de nombreuses années.

Des mesures fiables

Les ventes de tensiomètres connectés restent toutefois modestes. Le panel GFK (hors pharmacie et circuit du matériel médical) n’enregistre que 4 900 pièces vendues entre avril 2015 et mai 2016 pour un CA de 400 000 euros. Les produits connectés sont sans doute apparus plus compliqués à la population la plus concernée (celle des seniors) qui n’est pas la plus équipée de smartphone.
La méfiance d’une partie du corps médical envers la santé connectée considérée comme « non encore validée » a également contribué à ce démarrage timide. Pourtant, tous les tensiomètres, connectés ou non, sont des dispositifs médicaux de classe II A et font l’objet d’un marquage CE. Les premiers résultats des travaux menés par l’Institut national de la consommation sur les objets connectés en 2015 avec l’essai comparatif de six tensiomètres (et huit balances) ont permis de constater « un bon niveau de fiabilité des mesures, vérifiées par les essais métrologiques et les mesures effectuées sur des panélistes par des médecins. Le confort à l’utilisation des produits a été jugé satisfaisant par les utilisateurs en termes d’intuitivité d’utilisation et d’affichage des données », selon Claire Wallaert, ingénieur d’études à l’INC, lors du colloque sur la santé connectée organisée par l’INC le 19 novembre 2015. ».

Les médecins préfèrent le bras

La meilleure façon de prendre la mesure
est de coller son avant-bras sur le bras
avec la main sous l’aisselle,
ce qui permet d’avoir le poignet au niveau du cœur.

Plus léger, plus pratique à transporter, plus facile à utiliser et moins cher, le tensiomètre de poignet a facilement la préférence du consommateur. Pour une surveillance médicale, les médecins préfèrent toujours le tensiomètre de bras qui reste la référence car il se trouve naturellement positionné à hauteur du cœur. Le médecin reste méfiant par rapport à ce que font les gens chez eux !

tensio2_ld6
C’est pourquoi chez Bewell Connect (groupe Visiomed), les tensiomètres My Tensio sans fil intelligents, bénéficient de la technologie 3 MAM (trois mesures obligatoires pour obtenir une moyenne) recommandée par la Société française d’hypertension artérielle (MAM 3 est également présente dans la gamme Medisana). S’il existe deux modèles My Tensio, bras et poignet (109 et 99 €), le Dr François Teboul, directeur médical, précise que le modèle poignet doit être proposé systématiquement aux patients obèses, « car il y a moins de gras au poignet. C’est alors un moindre mal… La meilleure façon de prendre la mesure est de coller son avant-bras sur le bras avec la main sous l’aisselle, ce qui permet d’avoir le poignet au niveau du cœur. Mais en tant que médecin urgentiste, je préfère le tensiomètre de bras, plus fiable pour des mesures médicales ».
Pour plus de précision, iHealth a introduit dans son modèle poignet, un détecteur de position. « Le modèle bras iHealth Feel (99,95€) et le modèle poignet Sense (79,95€) sont complémentaires, explique Severine Lemelle, pharmacienne, responsable des affaires médicales, tout dépend si la mesure est prise à domicile ou si la personne doit voyager, l’âge entre également en ligne de compte si les artères sont un peu rigides ».

Aussi précis qu’un médecin spécialiste

Withings est resté fidèle au tensiomètre bras dont le design n’a pas varié depuis son premier tensiomètre connecté sorti en 2011, même s’il a perdu son fil au profit du Bluetooth smart (129,95€). Withings est le seul fabricant à avoir intégré l’algorithme Hy-Result développé par les Drs Guillaume Bobin et Nicolas Postel-Vinay du centre d’hypertension artérielle de HEGP qui prend en compte les données propres à l’utilisateur (âge, sexe, traitement contre l’hypertension, autres maladies associées) et les situations telles que grossesse et contraception pour fournir un bilan tensionnel avancé. Une étude publiée dans le « Blood Pressure Monitoring Journal » et présentée au dernier congrès de l’ESH (european society of hypertension) en juin, montre qu’Hy-Result est aussi précis qu’un médecin spécialiste de l’hypertension. L’application Hy-Result est disponible sur l’AppStore, 4,99 €.

Avec ou sans écran ?

Le connecté est-il adapté aux patients âgés qui représentent la cible principale (70% des hypertendus ont plus de 60 ans) ? Le Dr Postel-Vinay se pose la question. Car des mesures imprécises ou erronées peuvent provoquer de l’anxiété. Vaut-il mieux dès lors diriger les plus âgés vers des tensiomètres à grands écrans qui mémorisent les mesures et ne nécessitent pas de smartphone ?
Ce sera à l’infirmière de passage ou à l’aidant familial de récupérer les mesures dans l’application. C’est ainsi qu’iHealth a sorti le iHealth Track, pour un prix attractif (39,55 €). Terraillon a toujours appliqué ce principe : « il faut un écran car le consommateur n’est pas encore prêt, cela lui permet d’obtenir l’information tout de suite », précise Benoit Lecornu, responsable de la gamme connectée.
La gamme Tensio (poignet, 80 €) et Tensio Screen (bras, 100 €) vient de s’enrichir du Tensio Smart sans fil (120€) plus compact, plus design et plus léger avec des codes couleurs sur le côté. Tous les trois peuvent s’utiliser sans smartphone. Les modèles avec écran sont bien représentés chez les spécialistes allemands du secteur santé/bien-être comme Medisana où les trois modèles de tensiomètres connectés (au milieu d’une large gamme de modèles électroniques) possèdent tous un grand écran pour un meilleur confort de lecture : MTX Connect et sa technologie MAM3, BU 550 connect (bras) et BW 300 connect (poignet) entre 50 et 70 euros avec câble. Deux utilisateurs peuvent s’en servir à tour de rôle. Comme chez Terraillon et chez Bewell, la technologie de mesure pendant le gonflage permet d’obtenir les mesures plus rapidement tout en limitant la surpression sur le bras de l’utilisateur.

Tensiomètre Withings
Tensiomètre iHealth
Tensiomètre BW - BA1

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