Le Journal des objets connectés

GIFAM : L’électroménager connecté en devenir

GIFAM : L’électroménager connecté en devenir
novembre 30
08:54 2016

tetiere maison

Électroménager connecté :
un modèle économique
en évolution

Dans l'électroménager, le développement du connecté prend son temps. En attendant, fabricants, distributeurs et fournisseurs de services cherchent de nouveaux équilibres économiques. Décryptage du Gifam.

Interviewés :
Damien Chicaud, directeur des études du Gifam (Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils ménagers).
Camille Beurdeley, déléguée générale du Gifam.

Damien Chicaud

Damien CHICAUD

JDOC : Le marché de l’électroménager connecté a-t-il émergé ou reste-t-il un équipement pour happy fews ?

Damien Chicaud : La situation a évolué. Un signe : lorsque l’on fait une recherche internet sur « l’électroménager connecté », on tombe désormais sur les propositions des GSS et des fabricants. La plupart des grandes marques ont aujourd’hui une offre connectée commercialisée, ce qui n’était pas le cas il y a un an.

Camille Beurdeley : Je ne pense pas que cela s’adresse à des happy fews. Nous le voyions déjà début 2015 dans l’étude que nous avions menée sur les motivations d’achat. Ces produits intéressent des gens déjà très connectés —ce qui devient le lot de tout le monde— mais aussi des familles nombreuses qui ont besoin d’organiser les tâches ménagères.

JDOC : Comment démontrer les fonctionnalités des appareils connectés en magasin ?

D.C. : Les marques et les distributeurs y travaillent. Les bénéfices ne sont pas directement visibles, puisque cela passe par l’usage. Mais on voit de plus en plus de magasins connectés, où des démonstrations se font à l’aide de tablettes. Au fur et à mesure que les consommateurs entendent parler de ces produits, un effet se crée, ils vont s’appuyer sur l’expérience des utilisateurs déjà équipés. Cet effet de diffusion prendra un certain temps dans le gros électroménager, parce que dans cet univers, il y a l’inertie du renouvellement

Electrolux My AEG

L'application MyAEG permet
de surveiller la cuisson
dans le four
(via une caméra intérieure !),
d'ajuster la température,
ou de recevoir des alertes
pour retourner le plat
ou ajouter un ingrédient…

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Camille BEURDELEY

JDOC : Les innovations connectées peuvent-elles prendre le relais des innovations en matière d’économies d’eau et d’énergie pour accélérer le renouvellement de ces équipements lourds ?

C.B. : Dans le gros électroménager, l’innovation ne suscite pas un renouvellement anticipé. Le renouvellement est naturel, on change un appareil tous les 10 à 13 ans soit quand il tombe en panne soit quand un nouveau besoin apparaît, un déménagement, des travaux dans la cuisine… Les appareils connectés s’intègrent dans cette logique. Ce ne sont pas les fonctions connectées à elles seules qui vont déclencher l’achat.

D.C. : Chaque produit a un champ d’opportunités à exploiter corrélées à sa fonction première. Les bénéfices attendus du connecté restent ceux de tout l’électroménager : faciliter la vie, faire gagner du temps, avoir moins de corvées, simplifier les manipulations…

JDOC : Donc pas d’achat d’impulsion pour l’électroménager connecté ?

C.B. : Il faut distinguer le petit du gros électroménager. Le GEM reste un achat rationnel et réfléchi, le connecté n’étant que la suite de l’innovation continue que nous faisons depuis l’après guerre. Par contre, dans le PEM, il y a plus d’achats d’impulsion.

D.C. : C’est lié aux attentes propres à chaque univers, que les produits soient connectés ou non. Ces innovations sont pratiques et ludiques sur le petit électroménager, notamment le culinaire, alors que sur le GEM, les premiers bénéfices du connecté sont la maintenance, le SAV et l’assistance à l’utilisation.

JDOC : Beaucoup d’acteurs du connecté pensent non plus à des produits unitaires, mais à des écosystèmes où se greffent des partenaires, chacun venant enrichir la valeur d’usage du produit. Est-ce un modèle pertinent pour l’électroménager ?

Le projet de réforme des étiquettes énergie
du comité européen des constructeurs
d'équipements domestiques (CECED)
prévoit d'y mentionner
les bénéfices du connnecté
en termes d'usages et d'économies d'énergie.

C.B. : Cela dépend du type d’appareil. On peut imaginer des opérations avec des marques de consommables, des lessiviers par exemple, ou des accords avec la distribution. Pour le GEM, cela aura un impact sur le SAV à la fois pour la distribution et pour les fabricants. Nous conduisons d’ailleurs une étude avec l’ADEME et le CFA Ducretet concernant cet impact sur les métiers de la réparation, ce qu’il implique dans la formation des jeunes. Car il va falloir interpréter les pannes dans un contexte où tous les équipements du foyer sont interconnectés, non pas seulement l’électroménager mais aussi la domotique, le chauffage, etc.

D.C. : Les services apportés par les fonctionnalités connectées vont aussi faire évoluer les relations entre les différents acteurs et avec le consommateur, des maillages vont se mettre en place, une répartition des rôles, l’objectif étant de proposer des services personnalisés en tenant compte du contexte du consommateur et de ses besoins.

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