Le Journal des objets connectés

Interview : CDiscount

Interview : CDiscount
janvier 19
12:12 2018

tetiere reseaux

Objets connectés : mieux informer pour créer le besoin

CDiscount mise sur une meilleure information et un travail de fonds auprès des start-ups innovantes comme des clients, car si le consommateur ne comprend pas les objets connectés, il ne voit pas l’intérêt de s’en équiper !

Smart Home :

Du produit indépendant à la solution globale

Le concept de Smart Home peut sembler vague aujourd’hui, mais il est essentiel dans la stratégie de CDiscount vis-à-vis des objets connectés, notamment ceux qui touchent à la maison ! Au-delà de la simple domotique, Smart Home est l’ensemble des produits qui connecteront les éléments d’une habitation sous forme de réseau pilotable à la voix ou depuis un smartphone. Mais cela demande une nouvelle approche : mettre le concept au cœur d’une solution plus globale dans laquelle le consommateur n’achète pas un ou deux produits connectés, mais un équipement faisant partie d’un ensemble.

Les clients pensent que la domotique
se résume à des
systèmes de surveillance.
Ils n’ont pas la connaissance
de la dimension Smart Home

InterviewéE :
Stéphanie Locqueneux, Chef de groupe Offre et projets chez CDiscount.

Le marché des objets connectés est une jungle. C’est un marché florissant avec beaucoup de produits dans de nombreuses catégories : blanc, brun, téléphonie, informatique, domotique, sport, mode, jouets, etc. Il y a des objets insolites, des gadgets et ce qui deviendra essentiel à notre vie dans un futur proche. Mais, comme la jungle, c’est aussi un marché pas toujours accueillant pour le grand public, difficile à cerner, avec peu de points de repère. Et sans ces points de repère, les consommateurs hésitent à acheter et à s’équiper. Ce qui entraine une légère stagnation sur les ventes. « La tendance est plutôt stable, mais nous sentons que le marché s’essouffle un peu », explique Stéphanie Locqueneux, Chef de groupe offre et projets chez Cdiscount. Ce constat parait étonnant après l’effervescence que les objets connectés ont connue entre 2014 et 2015. Porté par les smartphones, offrant de la connectivité à des accessoires plus étonnants les uns que les autres, tous les industriels voulaient en être. Les études étaient toutes toujours plus enthousiastes avec des taux de croissance à deux ou trois chiffres. Le marché était très dynamique. Un dynamisme qui, deux ans plus tard, connait un ralentissement considérable. « Il y a quelques mois encore, « Apple Watch» remontait encore dans le classement des mots clés les plus utilisés sur notre moteur de recherche. Aujourd’hui ce n’est plus le cas », même si cette catégorie restera l’une des priorités sur les derniers mois de l’année avec la période des fêtes.

Montre connectée : Un marché qui peine à convaincre !

Trois raisons expliquent cette tendance. D’abord, le prix de vente moyen assez élevé. Ensuite, l’offre est moins pléthorique et elle se renouvelle moins vite. Car l’une des tendances observées par CDiscount est le désengagement des marques sur le marché. Elles n’investissent plus autant. Elles développent moins de produits. Les cycles de renouvellement s’allongent. Même le segment historique des montres et des bracelets connectés ne les intéresse plus autant ! Enfin, les consommateurs s’interrogent sur l’utilité au quotidien de l’objet connecté (et surtout de l’intérêt de la connectivité de cet objet). Pourquoi avoir une montre qui affiche les notifications, quand le smartphone le fait tout aussi bien ? Pourquoi avoir un bracelet avec podomètre quand le smartphone est équipé d’un accéléromètre pour combler ce besoin ? Pourquoi acheter un accessoire plus de 100 euros quand son usage est pris en charge par le smartphone, ce dernier indispensable pour assurer la connectivité de l’objet ? En étant omniprésent, le smartphone est passé du statut de partenaire à celui de concurrent. Il est difficile de lutter face à un produit aussi central dans notre vie de tous les jours.

Une attente de vulgarisation et de communication

Comment, dans ces conditions, relancer la croissance de la catégorie des objets connectés ? Deux actions doivent être entreprises en même temps, selon CDiscount. Il faut apporter de l’information, pratique ou commerciale, aux consommateurs. Et il faut étoffer l’offre pour lui donner plus de visibilité. Première partie : informer. Si les bracelets et les montres connectées sont des produits que les clients connaissent maintenant bien, ils n’ont généralement pas connaissance de l’éventail fonctionnel que représente ce marché. « Les clients pensent souvent que la domotique se résume à des caméras ou des systèmes de surveillance. Ils n’ont pas forcément la connaissance de la dimension Smart Home », confirme Stéphanie Locqueneux.

L’une des solutions apportées par CDiscount pour offrir une porte d’entrée vers la maison connectée telle qu’elle est imaginée pour demain est la création d’une page « Innovation ». Sur cette page, les consommateurs découvrent un service ou une technologie innovante avec les produits qui répondent à un besoin précis. Les offres choisies sont des solutions simples. L’objectif est d’expliquer l’intérêt de l’objet connecté et de vulgariser son usage. CDiscount travaille avec des start-ups pour trouver ses solutions simples. Des entreprises souvent françaises, parce que la French Tech est foisonnante d’idée. « Nous travaillons aussi avec des agences pour créer ses contenus. Nous utilisons des technologies innovantes comme la réalité augmentée pour susciter la curiosité. ».

Nous utilisons des technologies
innovantes comme la réalité
augmentée pour susciter la curiosité

Étoffer l’offre : un enjeu pour le marché

Même s’il existe beaucoup de produits sur les étals virtuels de la rubrique objets connectés, ils couvrent des usages et des besoins très différents. « Quand plusieurs produits remplissent le même rôle, il est facile de créer une catégorie cohérente sur laquelle vous pouvez travailler, créer des contenus promotionnels et la remonter sur les pages les plus visitées du site. Mais quand les produits sont hétérogènes, c’est plus difficile de savoir comment nommer une catégorie et comment alimenter celle-ci », constate Stéphanie Locqueneux. Aujourd’hui, des produits très différents sont disponibles dans les catégories de CDiscount, comme celle intitulée « Loisirs connectés ». Des casques audio, des jouets, des drones, des cigarettes électroniques, des casques de réalité virtuelle, des enceintes ou encore des gyropods (moyen de locomotion urbain avec deux roues latérales). Si l’offre était plus importante dans la catégorie des jouets connectés, il serait plus facile pour l’enseigne de créer des contenus éditoriaux pour mettre en avant les innovations technologiques et les besoins. « Un produit qui nourrit automatiquement le chat est aujourd’hui noyé dans la catégorie animalerie », explique Stéphanie Locqueneux, alors qu’il serait plus simple de le trouver dans une catégorie animalerie connectée… Encore faut-il une offre pour créer une catégorie. Autre exemple : celui de l’électroménager connecté. C’est un segment de marché qui a démarré il y a deux ans, mais qui voit son offre s’élargir considérablement en 2017. Pour profiter de l’engouement des fabricants pour cette catégorie, CDiscount a développé un rayon dédié où se côtoient des robots multifonctions (comme le Cookeo) et des produits pour le petit déjeuner (comme des cafetières programmables). « Nous sommes aux prémices de ce marché. Mais grâce à une bonne couverture presse pour certains produits, nous avons communiqué dessus auprès de nos clients et leur avons expliqué l’intérêt au quotidien ». Comme toujours la vulgarisation va avec l’offre.

Il y a donc un vrai travail de fonds à entreprendre avec les équipementiers pour les mobiliser à nouveau et sur le long terme afin de créer un véritable vivier de produits connectés. « Nous sommes convaincus que c’est l’offre qui va nous permettre de retrouver une forte croissance sur le segment des objets connectés. Pour asseoir une catégorie, il faut de la profondeur de gamme ». Bien sûr, il y a aussi un vrai travail de visibilité marketing du côté de CDiscount. Un travail largement entamé avec la catégorie des « objets connectés à moins 100 euros ». « C’est une catégorie qui montre que les objets connectés ne sont pas forcément chers et sur laquelle nous communiquons autant qu’avec les autres ». Un travail qui continuera avec les Ventes privilèges, des opérations commerciales réservées aux clients membres du programme de fidélisation. Sans oublier Black Friday, l’une des plus grosses journées du site en termes de chiffre d’affaires, sinon la plus grosse. Une journée qui met à l’honneur les objets connectés.

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